Biographie
1951
Naissance à Radès (Tunisie). Dernier-né d’une fratrie de quatre garçons, il ne connaîtra pas son père, le couple se séparant peu après sa naissance. Sa mère, qui l’élève seule, lui donnera le goût des belles choses.
1967
Rencontre, à Créteil, avec le photographe hongrois François Kollar pour réaliser ses premiers tirages de négatifs grand format soigneusement conservés par sa mère. Il prend ses premières photos à la sortie du collège, à Paris, le long de la Seine toute proche.
1968
Sa mère, malgré une bourse fragile, cède devant son entêtement à obtenir son premier appareil : un Rolleiflex.
1968
Anime avec enthousiasme un photo-club qu’il appelle le Graphic Bazaar.
À cette époque où les passions de jeunesse s’aiguisent, ce jeune adulte est un lecteur assidu d’une presse qui connaît son heure de gloire. Il tapisse les murs de sa chambre de pages de journaux et le monde des photojournalistes lui devient familier.
Découvre et prend goût à « l’instant décisif », credo qui l’accompagne encore aujourd’hui.
1971-1973
S’inscrit à l’Institut hispanique à Paris. Aux amphis de l’université il préfère l’air libre et quitte souvent la rue d’Assas pour l’Espagne, où il parle une langue avec laquelle il se sent bien.
À cette époque, il devient journaliste-pigiste, rédacteur pour le magazine Reporter-Objectif.
1973
À Pampelune et Séville, pour la San Fermín et la Semaine sainte, il croise le chemin de Josef Koudelka, avec lequel il noue une amitié qui perdure aujourd’hui.
Photographie aussi en Angleterre.
1973
Part sur l’île de Man pour suivre le TT (Tourist Trophy), une course et un rassemblement légendaires de motards. Il y réalise des images qui appartiennent désormais à ce monde disparu où vieilles motos anglaises et cheveux longs allaient si bien ensemble. Un livre publié en 2013 rassemble ces photographies.
1973-1975
Anime la revue Reporter-Objectif et s’immerge dans le monde de la photographie professionnelle. En dehors des agences Gamma, Sygma, Sipa et Magnum qu’il fréquente assidûment, il fait de nombreux voyages à New York pour voir de près la photographie américaine qu’il aime.
Dans cette revue, il crée la rubrique « Trente jours d’agence » qui regroupe le meilleur des photographes de presse, rubrique beaucoup suivie à l’époque.
Fermeture du journal pour raison économique.
En 1974, part au Portugal et photographie ce qu’on appellera la « révolution des Œillets ».
1975
Rencontre avec Goksin Sipahioglu.
Part pour l’agence Sipa un mois aux Açores attendre une indépendance qui ne viendra pas. Garde un excellent souvenir de ces premiers pas dans le monde des agences. Retourne aux Açores (1978, 2001).
1977
Reporter-Objectif est repris par un nouveau propriétaire. Pour une courte durée, il continue sa collaboration.
1977
Le 1er novembre, rejoint Gamma en tant que rédacteur. Trouve sa place au sein de l’agence et regrette le départ de Raymond Depardon pour Magnum avec lequel il a lié une courte amitié.
Il crée et développe un département indépendant, le « Service Magazine », apprécié par ses pairs, à l’origine de nombreuses publications nationales et internationales. Incubateur et bouillon de photographes, c’est avant tout un lieu de rencontres où se croisent des Folco, Lehr, Maïofiss, Paireault, Martel, Van der Hilst et que visitent parfois, avec curiosité, des photographes comme Abbas ou Salgado.
Claudine Doury, Prix Oskar Barnack et photographe aujourd’hui reconnue, est de l’aventure de ce service en tant qu’assistante.
C’est l’occasion aussi pour lui de photographier. Les images spectaculaires de Co Rentmeester et Neil Leifer, photographes vedettes de Sports Illustrated, sont ses repères. C’est ainsi qu’il couvre pour l’agence de grands événements sportifs, comme les Coupes du monde de football (Argentine 1978, Espagne 1982) et les Jeux olympiques (Montréal 1976, Sarajevo 1984, Los Angeles 1984).
1978
Séjourne aux Açores sur l’île de Pico. Cette île vit au rythme de ses pêcheurs qui pêchent le cachalot au harpon, embarqués sur de frêles embarcations.
1980
En Angleterre, photographie à Badminton son célèbre Horse Trials, concours complet où aristocratie anglaise et chevaux de selle font bon ménage. Un univers qu’il aime et reviendra photographier.
1981
Devient associé de l’agence Gamma.
Son regard évolue. Il regarde avec nostalgie cette période de la photographie française, incroyablement riche, qui a donné à beaucoup l’occasion de rêver le monde. Cependant la presse change et laisse de moins en moins de place aux grands reportages. Il se tourne alors vers l’édition.
Crée Hachette-Gamma avec Hervé de la Martinière et y produit ses premiers livres illustrés. C’est là qu’il signe, avec Bernard Pivot, Le Football en vert, livre qui retrace l’épopée de l’équipe de football de Saint-Étienne.
1984
Il crée Copyright avec l’agence Gamma, studio graphique polymorphe qui deviendra une maison d’édition de livres illustrés.
1985
C’est le temps des rencontres, des « close up ». Beaucoup de grands chanteurs d’opéra et d’artistes aussi différents que Pavarotti, Coluche ou le mime Marceau croisent alors son objectif.
Ses reportages sont regroupés dans Le Grand Échiquier, un livre signé avec Jacques Chancel.
Il devient éditeur et le photographe pose pour un temps ses appareils.
1992
Il se sépare de Gamma, et continue l’aventure de Copyright avec Zlatko Susic, compagnon de la première heure.
Ils publient comme packageurs de très nombreux livres – auquel il participe parfois comme photographe –, qui complètent les catalogues des éditeurs.
1998
Il édite en dix langues Invasion Prague 1968 de Koudelka, suivi pour les éditions Delpire, de Gitans, en grand format, imprimé et publié en Allemagne par Steidl.
1999
S’associe avec la maison d’édition du magazine Science et Vie.
De cette association naît Tana, une maison d’édition à part entière.
2001
Voyage aux Açores sur les traces d’un premier reportage de 1975.
2004
Premier voyage au Japon.
Reprend ses appareils photo, part en Ukraine la même année, pays qu’il visite à plusieurs reprises (2005, 2006).
2006
De retour au Japon, il photographie l’immense marché aux poissons de Tsukiji, à Tokyo, où des tonnes de poissons sont écaillés et évidés chaque jour.
La vision de ces milliers de thons, alignés à même le sol, l’interroge et lui fait craindre une mer vidée de ses poissons dans un proche avenir.
Il décide alors, partout où il le peut, de photographier l’univers menacé des petites pêcheries.
2007
Premières pêcheries visitées.
Japon. Cap-Vert. Mauritanie. Ghana.
2008
Chine (pêcherie).
Pour un livre de commande du Reader’s Digest, il découvre l’autogyre et
partage son temps entre ses voyages et ses survols de la France (600 heures).
2009
Signe Vue imprenable sur Paris, aux Éditions de La Martinière.
2010
Chili (pêcherie), Inde (pêcherie).
La France par-dessus les toits naît de ses premières campagnes en autogyre.
2012
Cesse son activité d’éditeur et continue à travailler sur ses propres livres.
Il dirige sans contrainte des publications plus personnelles : Inventaire sentimental des côtes de France, aux éditions Tana, lauréat du prix Beaux-Livres (La Nuit du Livre) et Au-dessus du chemin de Compostelle, aux Éditions de La Martinière, illustré par l’artiste Mino.
2014
Indonésie (pêcherie).
TT 1973, édition spéciale Fnac, réédition, en 2017, pour les éditions EPA.
Ce livre rassemble le reportage fait en 1973 sur l’île de Man. Succès d’estime pour les nostalgiques des belles motos anglaises.
2015
Maroc (pêcherie), Espagne (pêcherie), Portugal (pêcherie).
2017
Alaska (pêcherie).
Signe France, un voyage, aux Éditions de La Martinière, associé à Jean-Louis Teyssier, professeur de géographie à l’École normale supérieure. Ce livre regroupe l’ensemble de ses parcours aériens.
2018
Maroc (pêcherie), Vietnam (pêcherie), Cambodge (pêcherie).
2021
Cap-Vert (pêcherie).
2024-2025
Continue de photographier en Angleterre
2025
« Silence » aux Editions Albin Michel